13 janvier 2026

Hommage à Paul Bondivenne

Ancien premier adjoint de 2001 à 2008, Paul Bondivenne s’est éteint, laissant derrière lui une commune transformée par sa vision et son sens du devoir. Retour sur le parcours d’un homme qui a su conjuguer respect du passé et préparation de l’avenir.

La commune d’Orgelet est en deuil. En perdant Paul Bondivenne, notre cité perd l’un de ses serviteurs les plus dévoués. Lors de ses obsèques, l’émotion était palpable, à la mesure de l’empreinte indélébile qu’il a laissée sur le territoire.

Un pilier de la vie municipale

Après plusieurs mandats de conseiller municipal, Paul Bondivenne a exerçé, de 2001 à 2008, la fonction de premier adjoint, à l’issue d’une élection municipale particulièrement disputée, qui vit la victoire de la liste conduite par Chantal Labrosse, devenue la première femme maire d’Orgelet.

Paul Bondivenne

Paul assuma ses responsabilités avec la rigueur, la constance et le sens du devoir qui le caractérisaient. Profondément humain, il était un élu fiable, sur lequel chacun pouvait s’appuyer, un homme qui portait avec conviction et sérieux les dossiers qui lui étaient confiés.

Sa vision pour Orgelet allait bien au-delà de la seule gestion quotidienne. Là où certains ne voyaient que des bâtiments à réparer ou des rues à entretenir, Paul percevait un cadre de vie à améliorer, une communauté à servir et un patrimoine précieux à transmettre aux générations futures.

Son action s’est d’abord inscrite dans les infrastructures essentielles qui forment le socle invisible mais indispensable d’une commune moderne. Il fut l’un des artisans majeurs de l’amélioration du réseau d’eau potable et de la construction de la station d’épuration. Ces chantiers, complexes et coûteux, sont rarement sources de reconnaissance immédiate, mais ils témoignent d’un sens aigu des responsabilités.

Comme il l’écrivait lui-même dans un bulletin municipal, il s’agissait d’apporter des « solutions cohérentes et porteuses d’avenir » aux défis vitaux de notre commune. En maîtrisant la gestion de l’eau, ressource essentielle à la vie, Paul préparait Orgelet aux exigences d’aujourd’hui et de demain, posant les bases d’une protection durable de notre environnement et de notre milieu rural.

De la protection de notre environnement naturel à la sauvegarde de notre patrimoine bâti, Paul poursuivait un objectif unique et constant : préserver l’âme d’Orgelet. Aux côtés de Guy Bidard, il participa à la renaissance de l’Association de sauvegarde du patrimoine historique d’Orgelet, siégeant de nombreuses années à son conseil d’administration. Sous l’impulsion de cette association, il contribua, au sein du conseil municipal, à la mise en place de la Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager. Pour Paul, il ne s’agissait pas d’un simple outil réglementaire, mais du moyen de sanctuariser ce qu’il qualifiait de « site exceptionnel du bourg ancien », traduction juridique du caractère unique qui fait la fierté de notre cité.

Préserver l’âme d’Orgelet

Paul avait coutume d'utiliser cette maxime : « Peut-on savoir où l'on va, si l'on n'a pas la sagesse de savoir d'où l'on vient ? » Cette phrase résume sa philosophie, toute entière tournée vers le respect du passé et la responsabilité envers l'avenir.
Il n’y a pas de mise en valeur du patrimoine bâti sans un urbanisme de qualité dans les quartiers historiques. Sous l’impulsion d’Agnès Menouillard, représentante d’Orgelet au sein des Petites Cités Comtoises de Caractère, une démarche innovante fut engagée : le schéma d’aménagement urbain de caractère. Grâce à cette méthode, et avec les conseils de Guy Bidard, Paul conduisit la réhabilitation de la place du Bourg de Merlia, qui a métamorphosé ce quartier emblématique.

Un homme de lien et de culture

Au-delà du patrimoine et de l’urbanisme, Paul était convaincu que la force d’une commune réside avant tout dans la richesse de son lien social, qui ne peut s’épanouir que grâce à des lieux de convivialité, de partage et de culture, vivants et accueillants. En supervisant la modernisation de la Grenette afin de la rendre plus fonctionnelle, Paul a pérennisé ce lieu cher au cœur de tous les Orgelétains, lui rendant pleinement sa vocation de fête, de partage et de commémoration. Aujourd’hui encore, la Grenette accueille, au cœur du centre historique, les événements majeurs de la vie communale.

À quelques pas de là, en portant son attention vers la jeunesse et la culture, il pilota la construction de l’Espace Marie-Candide Buffet, permettant la création de l’école de musique, véritable écrin pour les jeunes talents de notre territoire.
Soucieux de maintenir une activité économique dans le centre historique, Paul supervisa également la transformation de la maison Richard en immeuble de bureaux. Vingt-cinq ans plus tard, cette vocation se trouve renforcée par d’ambitieux travaux de modernisation, que vous pourrez observer à la sortie de cette église.
Et pour que l’avenir puisse durablement s’ancrer à Orgelet, il fallait accueillir de nouvelles familles. La création du lotissement du Mont Teillet constitua une étape importante du développement de la commune, projet que Paul mena avec le soin, la méthode et l’exigence qui étaient les siens.

Une vision au-delà des frontières communales

L’engagement de Paul ne s’arrêtait pas aux frontières d’Orgelet. Il fut un acteur convaincu de l’intercommunalité. Sa participation à la création de la Communauté de communes ne relevait pas d’une simple démarche administrative : elle traduisait une véritable intelligence territoriale, consciente que les grands défis économiques et sociaux appellent des réponses collectives. Cette capacité à penser le développement à une échelle plus large, au service de l’intérêt général de tout un bassin de vie, témoigne de la hauteur de vue qui l’animait.

En regardant le chemin parcouru, nous ne pouvons que saluer le bilan de l’action publique de Paul Bondivenne : la cohérence de sa vision, la constance de son engagement et la trace durable laissée par un homme profondément attaché à sa commune.
Derrière l’élu rigoureux et visionnaire se tenait un homme qui a consacré une part précieuse de sa vie à l’intérêt général, avec une conviction et une détermination qui forcent le respect. Il a servi Orgelet sans jamais rechercher les honneurs, mû par le seul désir de rendre notre cité plus belle, plus juste et plus fraternelle.

Aujourd'hui, l'héritage de Paul Bondivenne est partout : dans l'eau qui coule à nos robinets, dans les pierres restaurées de nos places et dans les notes de musique qui s'échappent dans nos rues. Orgelet salue la mémoire d'un homme droit qui, sans jamais rechercher les honneurs, a rendu sa cité plus belle et plus forte.